Archive for octobre 2012

La Remise, Bordeaux

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Situé dans une petite ruelle à deux pas de l’Eglise Saint Pierre, ce petit restaurant ne fait aucun compromis, contrairement à ce que pourrait laisser imaginer son nom. Nous y sommes allés un soir de semaine, accompagnés de mes beaux-parents et de mon papa. Autant de goûts que de personnages : mon père est quelqu’un d’exigeant, mon beau-père est la personne la plus difficile que je connaisse, et ma belle-mère a l’air trop contente quand elle mange quelque chose qui lui plaît vraiment. Autant dire que ce soir-là, il y avait du challenge, tout le monde recherchait quelque chose de bien bon. 

Et bien, il est temps pour moi de remercier l’Homme, dont le flair bien affûté nous a conduits devant ce restaurant. Un patron tout souriant nous montre notre place, non loin de cette immense cheminée. Rapidement, son humour mordant, un peu piquant, donne le ton ; et sa serveuse complète un duo très efficace. Nous étions peu nombreux dans la salle lorsque nous sommes arrivés, et il est très agréable de se sentir estimés par le personnel d’un restaurant. Être plus qu’un numéro de table a quelque chose de grisant.

La carte est réduite, ce fameux gage de qualité dont je ne cesse de parler. Certains s’orientent vers le menu, les petits estomacs (bon d’accord : je) choissent un plat à la carte. Je demande “le poisson du marché”. La surprise viendra quelques minutes plus tard.

Les entrées de mes voisins mettent l’eau à la bouche. J’y vois un carpaccio de lieu, poisson assez fade, mais délicieusement relevé par des fruits rouges. Mon père se régale de fruits de mer, que je lui laisse bien volontiers. Concernant les vins, nous avons bénéficié des conseils du patron, qui a su nous orienter en fonction des plats choisis. 



Parlons-en des plats ! Beau-papa se laisse tenter par un beau morceau de boeuf (le mets ultime selon ses dires) mais, ô crainte, celui-ci est accompagné par un caramel de St Estèphe. Par précaution, il le demande à part, puis le goûte du bout des lèvres... Grimace un peu... Et valide : c’est très bon, je le verse même sur ma viande. Là, le chef peut se dire qu’il a gagné sa soirée.



Moi, j’avais commandé un poisson, vous vous souvenez ? Eh bien, je l’ai eu, mon poisson. Sauf qu’il était entier. Entier : Je n’ai jamais vu ça ! Un beau poisson, fraîchement grillé, que la serveuse découpe devant mes yeux en quelques gestes assurés. Et voilà un superbe filet qui atterrit dans mon assiette. Il est accompagné d’une quenelle de purée et de ce qui ressemble à un caviar d’aubergine. Le poisson est tendre, fondant, on sent qu’il frétillait encore dans la Garonne ce matin là. Tout est bon dans mon assiette : et celle des autres a l’air de les ravir aussi. Je vois notamment un risotto aux Saint-Jacques qui semble apprécié, des choses délicieuses en somme...

Viennent ensuite des desserts, et le niveau est égal à celui des plats : des saveurs originales confrontées à des mets plus classiques, et le tout est bien bon. Beau-papa reste dans le classique avec de jolies religieuses au chocolat. Belle-maman ose davantage de fantaisie, découvrant dans son assiette trois petites glaces surmontées de disques chocolatés. 

Nous partons repus et vraiment ravis, avec l’espoir non dissimulé d’y remettre un jour les pieds. Je connais d’ailleurs des collaborateurs qui ont déjà eu cette chance : il faudrait que je souffle l’idée à mon manager ; car si la nourriture fédère, les vrais bons restos ont la capacité de laisser des souvenirs impérissables... 

La flemme de tout lire ? En trois mots :

La déco :  Même si ce n'est pas le gros point fort, et que l'on en garde pas un souvenir impérissable, elle était agréable et simple.

Les plats : Vraiment bons, visiblement frais et définitivement séduisants !

Le service : Point positif à part entière, c'est aussi ce qui a contribué à nous faire passer ce joli moment.

Pour un total de : 17/20, et lui aussi j'aimerais y retourner.
Ce qui nous fait un pourboire de :  Beaucoup de sesterces ! Ne changez rien... 



Le Québec Music Café, Pessac

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Nous avons la super bonne habitude de manger au restaurant pour fêter l’anniversaire des uns et des autres. Celui qui choisit un établissement délicieux est hissé au rang de demi-dieu (ou presque), mais celui qui nous entraîne dans un boui-boui risque d’en entendre parler pendant les sept générations suivantes.

Autant briser le suspense tout de suite, le restaurant dans lequel nous avons mangé hier était à classer dans la seconde catégorie. Etablissement à la réputation assise situé à Pessac (près de Bordeaux), le Quebec Music Café se targue de vous offrir un voyage dépaysant de l’autre côté de l’Atlantique.

Premiers pas dans l’arène : la décoration est chargée, les tables sont couvertes d’un plastique souple transparent sous lequel figurent quelques souvenirs Québécois. Bah, le plastique souple, c’est pas fort agréable sous le coude. La pièce est bondée, bruyante, et la sono au-dessus de nous diffuse de la musique pas particulièrement dépaysante : Tryo, ce n’est pas plutôt Aquitain ?

Nous prenons place, la serveuse vient nous apporter la carte. De ce côté-là, rien à redire, tout le monde ou presque s’orientera vers la fameuse bière au sirop d’érable. D’autres opteront pour le mojito au sirop d’éraaable (ce qui laisse supposer que pour faire “resto québecois”, il suffit d’en ajouter un peu dans tous les plats). Le temps passe, les collègues qui ont opté pour un menu complet voient leurs entrées arriver : Tapas Québécoises.

Ils découvrent ainsi un plat sur lequel se promènent des onion rings, des wings de poulet, et des bâtons de mozarella frits. Vu et revu bonjour ? Nous pouvions commander les mêmes pour moins cher à… la Boîte à Pizza. Et si c’est à cela que se limite la gastronomie Québécoise, dommage. Mon petit estomac et moi avons choisi ce même plat plutôt qu’un burger gargantuesque. J’ai demandé des légumes avec, et ai obtenu un coleslow dans lequel la saveur du chou était étouffée par le vinaigre omniprésent. Dommage. J’ai reconnu dans mon assiette les mêmes croquettes au camembert que dans la chaîne de pizzas citée plus haut… Pas dépaysée, au moins. Et je mentionne quand même les morceaux de pain recouverts de toastinette et passés au grill… Pour le côté raffiné, je repasserai.

Mais parlons quand même du produit phare de ce restaurant : le burger ! Servis une heure quarante après notre arrivée, ils étaient proposés avec un petit bol empli de frites et d’une sauce dite “brune”. Nous sommes quatre à l’avoir goûtée et l’avis a été parfaitement unanime : on aurait cru manger des frites trempée dans la sauce des raviolis bolo. Mais si, vous voyez ce que je veux dire, cette boîte-là, vous l’avez tous mangée au moins une fois !

Quant au hamburger, je crois être suffisamment juste si je dis qu’il est honteux de servir du pain industriel quand on s’est spécialisé dans ce plat. C’est pourtant bien ce qu’ont eu les garçons à côté de moi, qui avaient opté pour le steak de bison sauce moutarde. La sauce n’était pas particulièrement – voire, pas du tout – moutardée. Et le steak, peut-être étaient-ce les plus mauvais morceaux d’un pauvre bison, car ils étaient extra-cuits, trop durs, et pas franchement goûteux. Bref, comme l’a dit l’Homme : ceux qu’on fait à la maison sont bien meilleurs.

Le pain, regarde le paaain ! Et ces frites qui se noient..

J’aurais bien aimé juger la qualité des desserts, mais un serveur qui faisait drôlement la gueule a apporté ceux, choisis en amont, des menus et ne nous a pas proposé la carte. Nous sommes donc restés sur notre faim, goûtant un crumble pas terrible car trop cuit et trop acide… Et une part monstrueuse de carrot cake dont la saveur n’était pas plus séduisante. Mais, pour leur défense, c’est un dessert particulier et on aime ou on n’aime pas.

Pour résumer : nous y avons beaucoup attendu et mangé des choses ni raffinées, ni particulièrement recherchées. La prochaine fois, le burger, on se le fera nous-mêmes, et tout y sera fait maison, MÊME LE PAIN.

La flemme de tout lire ? En trois mots :

La déco :  Chargée d'objets "typiques", des tables couvertes de plastique souple, et bordel, du Tryo à la radio alors qu'il aurait été l'occasion de découvrir de la musique Québécoise...

Les plats : Industriels pour la plupart, gavés de sirop d'érable pour les autres, le moment de payer est quelque peu douloureux.

Le service : Le boss soupire quand on lui demande de l'eau et ne nous propose même pas de dessert. Il n'a qu'à le dire si on l'emmerde !

Pour un total de : 2/20, j'ai quand même retrouvé mes croquettes de la Boîte à Pizza.
Ce qui nous fait un pourboire de :  *Petit sourire :  "Seriously ?" :)

Le Quai Zaco à Bordeaux

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Vous commencez probablement à le savoir, lorsque l’un de la bande fête son anniversaire, tout le monde atterrit au restaurant. Goût pour l’hédonisme aidant, nous sommes devenus très exigeants et nos hôtes ont tout intérêt à nous faire passer une excellente soirée… Sous peine de se voir attribuer une critique assassine.

Ce ne sera pas du tout le cas ici, puisque nous avons atterri dans ce restaurant tout en longueur, immédiatement séduits par sa décoration épurée et sans fausse note. Les pierres jaunes courent jusqu’au plafond haut, très haut, où leur succèdent des poutres tantôt métalliques, tantôt en bois vieilli. Et qui donnent à l’ensemble un esprit « industriel chic » des plus réussis. Le mobilier se démarque par sa modernité, tables en pierre grise et chaises translucides. Le restaurant étonne par son aménagement : bien que composé d’un très long couloir étroit, les différents espaces y sont judicieusement aménagés. Luxe ultime : la cuisine est visible par de grandes fenêtres intérieures, et personnellement, j’ai toujours été très intriguée par cet endroit. C’est peut-être le premier établissement que je fréquente où cette pièce majeure s’expose ainsi. Gage indiscutable de qualité, j’ai vu les messieurs en toque préparer le gratin dauphinois qui devait atterrir dans nos assiettes un peu plus tard.

Autre preuve que ce restaurant sait ce qu’il est : la carte est assez réduite. Suffisamment complète pour satisfaire les plus difficiles, mais sobre. Les intitulés des plats ne promettent pas la Lune, ils dévoilent simplement tous leur touche d’originalité, comme le magret de canard et son caramel de mangue qui en inspira plus d’un. Pour ma part, ce fut carpaccio de boeuf, parmesan, pesto et tomates séchées, ça sentait bon l’Italie dans mon assiette.

A propos de l’attente, rien à redire, les plats sont arrivés avant que l’on en vienne à se demander ce qu’ils font en cuisine. En plus, nous étions un lundi soir. Donc peu de clients hormis notre tablée de dix, et de fait je ne saurais dire comment est le service le weekend. La serveuse, de même qu’un couple plus âgé qui semble propriétaire, sont très aimables et ouverts. Chose suffisamment rare aujourd’hui pour être relevée !

Mais le point qui nous a particulièrement séduits d’emblée, c’est ce petit toast apporté « pour patienter avant l’entrée ». Petite bouchée de saumons, tomates séchées et ciboulette, un véritable régal en bouche qui m’a donné envie de lui en demander cinq autres. Les plats, quant à eux, sont parfaitement assaisonnés : les légumes étaient à la fois croquants et fondants, la cuisson de la viande respectée à la perfection, les fromages frits n’étaient pas écœurants. Et surtout, chose tellement importante, les quantités étaient parfaites. Ni trop, ni trop peu. Nous avons le souvenir, dans d’autres établissements, d’assiettes gargantuesques, qui faisaient perdre tout espoir de les finir avant même de les avoir commencées. Mais là, c’est sereinement que nous avons accueilli le dessert, fine tarte aux pommes pour les uns, profiteroles pour moi.

Et c’est à la fin du repas que j’ai été définitivement conquise : le chou de mes profiteroles, il était fait maison. Tendre, volumineux et léger, il abritait une glace vanille avec laquelle se mariait parfaitement bien le chocolat fondu. Chaud et froid. Douceur et caractère. Vous l’aurez compris, le Quai Zaco, c’était parfait.

La flemme de tout lire ? En trois mots :

La déco : De belles pierres savamment mises en valeur par une déco industriello-moderne..  Et réussie  !

Les plats : Fins, justes, en quantité parfaite, ils sont faits maisons et parfaitement maîtrisés.

Le service : Rien à reprocher :)

Pour un total de : 17/20 et pour le prix, chapeau, d'ailleurs j'ai hâte d'y retourner.
Ce qui nous fait un pourboire de : des centaines et des centaines de sesterces !

Le Café Japonais, Bordeaux

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Les sushis et moi, c’est une histoire d’amour née sur le tard. Plus jeune, j’étais du style à n’aimer que les frites et le bon steak, alors du poisson cru, jamais ! C’est mon père qui m’a fait goûter mon premier nigiri-sushi au thon rouge, en me faisant croire que c’était du boeuf (Véridique ! Mais j’avais seize ans, j’étais trop jeune ! …). Aujourd’hui, j’ai ma natte à makis dans un coin de la cuisine, de jolies baguettes, toujours de la sauce soja à portée de main.

Seulement voilà, si j’aime manger de bons sushis dans les restaurants Jap’, ces derniers me foutent la trouille. Il faut savoir que la plupart d’entre eux (notamment les chaînes) sont tenus par des Chinois, et la fraîcheur n’est pas toujours au rendez-vous. Mes intestins chéris en témoignent.

Mais il y avait ce restaurant, tout petit, toujours bondé, à deux pas du cinéma Utopia. Plusieurs fois, nous sommes passés devant, en se disant “Faudra y aller, un jour”. Et, Ô JOIE, un jour nous y sommes allés.

Alors voilà, pour moi, il y a un avant, et un après le Café Japonais.

Je m’explique, quand même : un personnel, d’une courtoisie incroyable (vraiment) nous accueille. Ce sont des Japonais et, à peine franchi la porte du restaurant, nous sommes happés par leur culture, toute faite de simplicité et de générosité. Nous prenons place dans cette petite salle, où il est absolument obligatoire de réserver à l’avance. Le mobilier, lui aussi très simple, en bois massif, est superbe. La décoration minimaliste ne déroge pas à la tendance, contribuant à cette atmosphère feutrée et douce.

Mais là où vraiment, je suis tombée amoureuse, c’est lorsque j’ai découvert la carte. Les sushis y ont une petite place, ils ne sont pas la pièce maîtresse de l’endroit. D’autres entrées comme des salades, ou des pièces de poulet mariné sont également présents. Mais surtout, surtout, il y a des bentos. De somptueuses boîtes de bois laqué, que le serveur ouvre avec un geste magistral, dévoilant cinq compartiments de tailles différentes. Où cohabitent riz au sésame, délicieuses pièces de poisson (saumon teriyaki, espadon), boeuf, porc, poulet, tous cuisinés avec un raffinement extrême. A chaque fois, en plus, on y trouve une petite sélection surprise, salade de chou, carpaccio, lamelles de concombre… Chose rare, très rare, les desserts sont également d’inspiration japonaise (oui parce que bon, manger une glace Mystère après un plat de sushis, c’est moyen quand même). On retrouve des pâtes de haricot et des financiers au thé vert, entre autres : la carte des desserts évolue régulièrement.


Source 

Les saveurs sont atypiques et les plats, parfaitement maîtrisés. Je ne trouve rien à redire aux délais d’attente entre deux plats, ils sont très corrects. Il faut dire que nous sommes trop occupés à siroter un Umeshu (liqueur de prune) et nos petits verres de saké chaud pour voir le temps passer…  Et je ne sais pas si je l’ai dit, mais j’ai un petit estomac. Or, après quelques sushis et un bento (rho, je l’ai pas fini en entier, mais c’pas grave), je me sentais légère. Ouais, comme lorsque l’on mange quelque chose de vraiment sain, et pourtant tellement goûteux. Si vous y allez un jour, je vous conseille le bento au saumon teriyaki, à tomber par terre : magnifique pièce de saumon mariné dans une sauce savoureuse. Prévoyez quand même de chauffer la carte bleue – on s’en tire pour une cinquantaine d’euros à deux avec apéritif, sushis, bento et dessert. Mais, avantage indéniable, vous pouvez y aller les yeux fermés : la fraîcheur du poisson est vraiment irréprochable, un beau sushi ne saurait mentir !

Avant, je mangeais ce que je croyais être de délicieux sushis, bien qu’un peu caoutchouteux, dans des restos qui proposent des brochettes de boeuf au fromage (hérésie !). Maintenant, je me lèche les doigts en finissant mon bento, plongée toute entière dans une culture japonaise aux airs de paradis culinaire.

(Vous voulez en voir un peu plus ? Une superbe vidéo à cette adresse : http://www.restovisio.com/restaurant/le-cafe-japonais-264.htm)

La flemme de tout lire ? En trois mots :

La déco : Épurée et harmonieuse, tout sonne juste dans la salle feutrée du restaurant.. 

Les plats : Best Sushi Ever ! GOD DAMN BENTOS ! En un mot, Aishiteru, Café Japonais-san!

Le service : Ahlala.. Les gens qui travaillent là sont des sourires sur pattes... 

Pour un total de : 19/20 car la perfection blablabla...
Ce qui nous fait un pourboire de : "Qu'on le couvre d'or !"

L'incontournable, Bordeaux

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Quand on est restaurateur et que l’on décide de nommer son établissement “L’Incontournable”, on a plutôt intérêt à assurer derrière. C’est avec cette idée que j’ai poussé la porte de cette toute petite salle, coincée entre deux rues à quelques pas de Camille Jullian. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est à la hauteur de ce nom légèrement provocateur !

Autant vous prévenir, il est préférable de réserver si vous voulez occuper l’une des rares tables du restaurant. Nous étions huit à y manger hier soir, la capacité doit être d’une trentaine de personnes. Ambiance feutrée, vieux parquet au sol, lourds rideaux pourpres… Cosy sans en faire trop. Un bar longe tout un mur, derrière lequel s’affairent deux filles souriantes. La télévision, fichée dans le mur, relaie un match de foot ; elle reste néanmoins discrète et donne un petit côté “familial” à l’endroit. D’ailleurs, au moment de payer l’addition, nous sommes tombés en admiration devant le match de boxe (autant dire que je n’aurais pas aimé être fachée avec l’Ukrainien qui a mis K.O notre Français !).

Nous prenons place, ils n’ont plus de jus de fraise, je crois défaillir. Tant pis, ce sera Schweppes (Sorry Uma… But you mean Saiqse ?) pour moi, je pilote la Kacahuète pour ramener mon Homme à bon port. La carte est très réduite, un gage de qualité selon moi (une fois, j’ai vu une pub pour un traiteur asiatique, pas moins d’une centaine de plats différents, JAMAIS MANGER JAMAIS). Très réduit mais justement un peu trop. Le menu, par exemple, à 20€ pour entrée+plat ou plat+dessert, propose en entrée : cuisses de grenouilles ou cassolette de légumes. Peu ragoûtant. Les poissons se résument à deux plats de crustacés (or, je ne mange pas mes congénères) et à un cabillaud sauce au vin. Des saveurs qu’il fallait oser mais qui ne contenteront assurément pas tout le monde.



Fines bouches, mais pas trop quand même, nous accueillons nos apéros en se disant “Tiens, ça serait bien des cacahuètes quand même, ça manque un peu”. Il se trouve que la serveuse arrivait avec deux petites assiettes : pain frais, jambon cru, tapenade maison. OK ! Ils marquent un point ! C’est délicieux, mais on a faim, on attend la suite. L’attente, justement, parlons-en : le gros point faible. Venir à huit n’aide pas, mais nous avons tout de même passé trois heures à table, avec entre trente minutes et trois quarts d’heure d’attente à chaque fois. Au moins les toilettes sont-elles super jolies et sentent bon le propre (mais attention, de l’extérieur on entend tout… !).

Les entrées arrivent, et là, c’est extatique. J’ai goûté le camembert frit et sa figue, ainsi que le crumble de saint-jacques aux poireaux : les deux étaient délicieux. Pas trop gras, raffinés, la quantité parfaite. Viennent ensuite (comme ça on dirait que ça va vite, mais on a déjà tout digéré en fait) les plats. Petit estomac, j’ai tenté la salade végétarienne chaude : des nouilles chinoises côtoient des légumes fondant, voir la photo pour baver dessus. C’était bon mais un peu trop huileux pour moi (petit et légèrement fragile, l’estomac, le comble pour une gourmande  ). L’Homme et d’autres ont tenté les 300 grammes de magret au piment, visiblement très bons. Accompagnés de patate douce et d’une délicieuse polenta au bouillon de légumes maison (exit les frites classiques, vous avez remarqué ?). A noter que ceux qui ont pris le demi coquelet ont mangé lentement, car l’assiette est beaucoup moins copieuse. Mais ça leur apprendra à prendre des plats de nana !

Les desserts sont le petit bémol de la soirée. Pour moi, une profiterole dont le chou est remplacée par un cannelé (serions-nous à Bordeaux ?!) et garnie de, huuumiam, glace caramel au beurre salé. Les autres ont eu des petites choses décongelées et une crème brûlée pistache, ni raffinée ni transcendante. Mais, c’est tellement dur d’exceller sur le plan pâtissier, que, moi, je ne râle pas. Je conserve le souvenir d’un restaurant à l’ambiance feutrée, intimiste, aux saveurs authentiques et travaillées ; au pari osé, au pari réussi.


La flemme de tout lire ? En trois mots :

La déco : Assez cosy, mais peu d'originalité.

Les plats : Pas mauvais du tout ! Peu de plats, mais des choses originales et bien exécutées.

Le service : J'ai le souvenir de serveuses souriantes ! 

Pour un total de : 16/20
Ce qui nous fait un pourboire de : Allez.. 2 sesterces !


La Cala, Bordeaux

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Restaurant Italien en plein coeur de Bordeaux, La Cala a fraîchement ouvert l'été dernier. Groupon le mettait en avant quelques mois plus tard en proposant une offre Antipastis + Pizza ou Pâtes + Dessert + Café pour 2, pour une somme ultra-modique : 24€. Gourmands et avides de découvertes, l'Homme et moi avons fondu dessus. Pour utiliser le fameux bon quatre mois plus tard, soit hier soir. Avec l'idée de fêter l'anniversaire de notre vie commune, mais ça, c'est une autre histoire :). 



Et donc nous avons trouvé refuge dans ce petit restaurant aux murs de pierre jaune (ce n'est pas hyper original à Bordeaux mais c'est toujours super joli). Un personnel exclusivement Italien/Sicilien ? nous a accueilli très cordialement, nous proposant une table sur un immense fût. Pas trop pratique d'ailleurs de manger les jambes écartées, mais passons. La dite-table était juste à côté du four (les pizze sont faites dans la salle directement). Et rapidement j'ai eu CHAUD. La dame, au français hésitant, m'a orientée vers un Masala Cremovo (exit les accents), liqueur délicieusement caramélisée. L'Homme, en fin connaisseur, a pris un Lambrusco qui pétille et tout. Là, c'était bien. On était super bien. C'est après que ça s'est un peu gâté. 

L'assiette d'antipasti est arrivée rapidement (j'insiste sur le rapidement). Elle était ravissante à voir et délicieuse : Ma Ginette, si tu me lis, j'ai mangé plein de légumes. Aubergine, courgette, des oignons confits à tomber par terre, un peu de jambon sec, des fromages fondants et doux... Bref, du nirvana qui annonçait encore un dîner sous les meilleurs auspices. Mais ! A peine avions nous fini l'assiette qu'une petite dame (une autre) venait nous la retirer en marmonnant un truc en Italien. Euh... Bon, d'accord. L'apéritif était à peine entamé, on commençait à se sentir légèrement speedés. 

Mais peut-être trois minutes plus tard, une des dames bondissait sur nous avec le plat. Et là ! Quelle grosse déception ! J'ai oublié de mentionner que la carte spéciale Groupon était plus que pauvre. Pizza margherita (tu sais, juste la mozzarella), Pizza aux anchois ou Pizza à l'ail. Que des trucs que tout le monde aime quoi ! Les pâtes un peu mieux, pesto et piment, mais où sont les carbonara ? Bon du coup, ma pizza arrive. Gigantesque, pâte fine, ça c'était tout bon. Mais rien dessus. Juste de la mozzarella fondue et trois feuilles de basilic. Alors que je voyais défiler des merveilles parsemées de roquette et de fines lamelles de jambon sec... Autant dire que j'ai rapidement saturé, une seule saveur dans un plat, ça lasse. L'Homme a fait plein de pauses pour manger, il était "on fire", c'est ça aussi de prendre du piment. 

Un peu déçus donc. J'étais arrivée à la moitié de ma pizza, avec l'intention de peut-être continuer (j'ai dit peut-être). Mais, comme je n'avais plus les doigts sur mes couverts, la dame (surnommée plus tard le requin parce qu'elle surveillait la salle et j'avais l'impression d'entendre la musique des Dents de La Mer dès qu'elle approchait) m'a pris l'assiette (!!) en disant juste "OK". Même pas "C'était bon?" ni "Merde? Bite couille poil?" Et j'ai vu ma pizza repartir en cuisine, dans la poubelle, fini. 

Autant vous dire que les desserts étaient servis quatre minutes plus tard. AVEC LES CAFES. Les plus petits cafés du monde. Quarante-cinq minutes pour un dîner en amoureux, c'est un peu short non ?  

Si vous passez par ici, Messieurs Dames de la Cala, traitez avec davantage d'égards les gens pleins d'espoir qui viennent DECOUVRIR votre restaurant (pourtant tellement bon!). Parce que là, pour nous, c'est On est venus, On a vu, On ira a Il Borsalino la prochaine fois. 

La flemme de tout lire ? En trois mots :

La déco : Joli, classique, assez chaleureux. Sauf le coup de manger sur un tonneau.

Les plats : C'était bon, vraiment ! Belles pizze, des antipasti délicieux... Un petit régal quoi.

Le service : Hahahaha ! A chier. Expéditif et désagréable. 

Pour un total de : 8/20
Ce qui nous fait un pourboire de : ZÉRO SESTERCES !